Ces slogans résument à eux seule la philosophie de Simon-Christiansen & Associés. Créé en 1977, ce bureau d’ingénieurs-conseils, conjointement avec Luxplan, créé en 1981, devient un grand groupe et un acteur incontournable de la construction dans la Grande Région. Mais quelles sont ses activités et comment appréhende-t-il l’avenir? Réponses avec Olivier Webert, administrateur délégué de Simon-Christiansen & Associés et administrateur-directeur de L.S.C. Engineering Group, et Carl Kleefisch, directeur de Simon-Christiansen & Associés et administrateur de L.S.C. Engineering Group.


© Eric Devillet

 

Simon-Christiansen & Associés est une des entités phares de L.S.C. Engineering Group. Quel est son rôle exact dans le groupe?

Carl Kleefisch : Simon-Christiansen & Associés fait partie de L.S.C. Engineering Group, un ensemble de sociétés qui propose à ses clients une palette de compétences lui permettant de répondre à tous leurs besoins pour réaliser leurs projets. Son rayon d’action englobe non seulement le Luxembourg, mais aussi la France, l’Allemagne et l’Afrique. Le groupe rassemble 17 entités et environ 350 collaborateurs, Luxplan et Simon-Christiansen & Associés en représentent près de la moitié. Luxplan comprend une centaine de collaborateurs et se consacre essentiellement à l’aménagement de l’espace public (voirie, urbanisme, environnement). Simon-Christiansen & Associés se compose d’une soixantaine de personnes et est historiquement spécialisé dans les études de structures. Complémentaire à la mission d’architecte, nous réalisons des études structurelles pour tout type de projet. Il peut s’agir aussi bien de bâtiments publics, de bureaux, de centres commerciaux, d’ouvrages d’art, de travaux de génie civil, de travaux industriels que d’immeubles d‘habitations ou de maisons unifamiliales. Et ce quel que soit les matériaux utilisés: structures métalliques, béton armé ou bois. Au fil du temps, nous avons élargi nos activités dans des domaines tels que la qualité, la sécurité et sûreté, l’environnement, les établissements classés, l’efficacité énergétique, les sources d’énergie renouvelables et l’économie circulaire.

Pourquoi avoir choisi la voie de la diversification?

Olivier Webert : Elle a toujours fait partie de notre stratégie. Dès le début, nos deux fondateurs, Erny Simon et Jens Christiansen, ont toujours privilégié l’évolution progressive de nos compétences. Notre objectif étant de satisfaire et de répondre aux attentes de nos clients, nous avons petit à petit augmenté nos domaines d’intervention. Aujourd’hui, notre valeur ajoutée consiste justement dans notre possibilité de pouvoir proposer une offre globale, avec un seul interlocuteur. Cette volonté d’étendre notre savoir-faire va donc de pair avec l’écoute de nos clients pour répondre et surtout satisfaire leurs besoins.

CK: L’entrepreneuriat a toujours été une valeur primordiale au sein de L.S.C. Engineering Group. Nous encourageons nos collaborateurs à prendre des initiatives. Je prendrai pour exemple le cas de Géoconseils, une des sociétés du groupe créée en 2004 et spécialisée dans tous les domaines de la géologie appliquée. Au départ, il s’agissait d’un département de géotechnique au sein de Luxplan. Les deux responsables ont émis le souhait de lui donner davantage d’ampleur et nous leur avons proposé de devenir les partenaires et les actionnaires d’une nouvelle entité au sein du groupe. Quand ils ont démarré, ils n’étaient que trois. Aujourd’hui, Géoconseils est composé d’une trentaine de collaborateurs!

Comment avez-vous acquis votre dimension internationale?

OW: Tout a commencé dans les années 80 avec des opportunités proposées par le Luxembourg et Lux-Development. En effet nous avons participé à des missions de coordination de travaux au Sénégal. Une fois ces missions terminées, nous avons décidé de nous installer au Sénégal et d’y créer en 2003 la filiale SC Afrique. Aujourd’hui elle compte un effectif d’environ une quarantaine de personnes et est principalement active dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Par la suite, nous avons profité d’opportunités en France et en Allemagne. Nous y sommes toujours présents grâce à nos cinq filiales: SC France à Thionville, LP Engineering Deutschland, GC Beratende Geotechniker und Geologen, BFH et Geocoptix à Trèves. Ceci prouve, si besoin est, que nous pouvons facilement exporter notre savoir-faire.

Ceci suppose une certaine flexibilité de la part de vos collaborateurs. Comment parvenez-vous à garder leur motivation intacte?

OW: Encore faut-il les trouver! Un de nos plus grands défis reste le recrutement de personnels qualifiés, techniciens et ingénieurs, expérimentés ou non. Cela étant, nous avons de nombreux atouts à faire valoir pour attirer les candidats. Notre grande expérience, notre multidisciplinarité, le multiculturalisme de nos équipes ainsi que la diversité de nos projets, aussi bien au Luxembourg qu’à l’étranger, plaident en notre faveur. Outre la possibilité de se former et une rémunération attractive, nous avons une stratégie RSE bien développée, avec une politique des ressources humaines basée sur le bien-être au travail, la participation et l’autonomie. De plus, nous encourageons l’évolution et la prise de responsabilités au sein de nos sociétés et nous offrons la possibilité à certains, s’ils le souhaitent, de devenir Salary Partners puis associés au sein de notre groupe.

Quelle est la composition de votre clientèle?

CK: Elle est aussi variée que le sont nos activités. Nos clients sont des institutions étatiques, des administrations communales, des sociétés de promotion immobilière, des entreprises de construction et des industriels, des sociétés commerciales. Nous travaillons également pour de nombreux particuliers qui veulent construire, transformer ou agrandir leur maison familiale. Nous sommes certes, un grand groupe, néanmoins nous ne traitons pas uniquement de projets de grande envergure. Si un client vient nous voir pour la construction d’un garage ou d’une ouverture dans un mur porteur nous nous en occuperons avec autant de professionnalisme que s’il s’agissait d’un ensemble immobilier de plusieurs centaines de million d’euro.

D’après votre expérience à l’international, pouvez-vous nous décrire les principales caractéristiques du marché luxembourgeois?

OW: La première est l’exigence des maîtres d’ouvrage. Au Luxembourg, ceux-ci veulent une qualité largement supérieure à ce qui est demandé dans les pays voisins, que ce soit dans la réalisation des travaux ou dans le choix des matériaux, il est vrai que les moyens financiers plus importants qu‘ailleurs permettent cette exigence. En deuxième lieu, on peut citer le fait qu’il y a une volonté que tous les conflits éventuels se règlent en général à l’amiable. La recherche d’un consensus qui satisfait toutes les parties reste ici une priorité absolue. Le multilinguisme est également très important. Sur les chantiers, il n’est pas rare d’entendre parler plusieurs langues en même temps. Bref, le marché luxembourgeois est très exigeant et relativement complexe, le fait que nous sommes un des leaders sur le marché à Luxembourg n’est pas dû au hasard.

Comment se dessine le futur de vos métiers?

CK: La numérisation va jouer un rôle de plus en plus significatif. Je pense notamment au BIM (Building Information Modelling ou Modélisation des Informations du Bâtiment). Cette méthodologie de travail collaboratif axée sur la technologie et l’utilisation de maquette 3D va faciliter les échanges entre les bureaux d’architecture et les bureaux d’ingénieurs-conseils et modifier profondément les procédures, y compris sur les chantiers. Nous nous y sommes d’ailleurs préparés et avons engagé une personne dont la mission est de coordonner tous les logiciels au sein du groupe.

OW: L’actuelle crise sanitaire aura également une incidence sur la manière dont nous travaillerons et gérerons notre temps les prochaines années. Beaucoup d’entreprises ont constaté que le télétravail fonctionne bien et augmente même parfois la productivité de certains collaborateurs. Le besoin en surfaces de bureaux risque donc d’être un peu moins élevé dans les années à venir.

CK: Une autre tendance qui va transformer en profondeur nos métiers est la construction avec des matériaux plus durables et l’économie circulaire. À l’avenir, les bâtiments fonctionnels seront conçus de telle manière que leurs éléments constitutifs pourront être réutilisés pour des constructions ultérieures au lieu d’être détruits ou recyclés comme c’est le cas actuellement. Nous avons mis sur pied un département entièrement dédié à l’économie circulaire. Notre futur siège à Contern, qui rassemblera sous le même toit d’ici la fin de l’année toutes les entités luxembourgeoises du groupe, est conçu selon le même principe. L’enveloppe du bâtiment et sa façade seront en bois démontable et l’isolation sera à base de laine de moutons luxembourgeois. Les consommations énergétiques seront très basses grâce à l’utilisation de système de dalle active, une technique basée sur l’inertie du bâtiment pour éviter des écarts de température trop importants.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes particulièrement fiers?

OW: Les nommer toutes prendrait énormément de temps, c’est pourquoi je vais citer ce qui me vient à l’esprit lors de cet interview. Il y a notamment les supermarchés Cactus, le centre commercial City Concorde, le bâtiment de la BIL à Belval, le Royal Hamilius, le Centre Hospitalier régional à Metz, la salle de spectacle Zénith à Strasbourg, l’École Européenne à Mamer ainsi que des bâtiments plus anciens mais tout aussi emblématiques comme l’Hôtel Royal ou la Caisse d’Épargne à Luxembourg-Ville. En ce qui concerne les projets actuels, je citerais la transformation et la mise en conformité du domaine thermal de Mondorf, un bâtiment dédié à l‘automobile pour le Groupe Giorgetti, et bien entendu nos nouveaux bureaux à Contern.

 

 

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